Monstres trop humains

Qu’est-ce qu’un monstre ? C’est l’être qui échappe aux règles de la nature, c’est-à-dire qui ne correspond pas à ce qui avait été observé jusque-là et considéré comme normal. C’est un prodige qui provoque à la fois effroi et fascination chez celui qui l’observe. La monstruosité est indissociable de la laideur, d’une laideur si grande qu’elle est objet de spectacle. Le monstre est une donnée physique mais il est aussi construit par le regard de l’autre qui le met à distance, se rassurant ainsi sur sa propre humanité.

Quand on les regarde de plus près, on se rend compte que ceux qu’on appelle les monstres n’ont rien de monstrueux. C’est même le groupe social qui les définit comme tels et qui a une confiance absolue en son humanité qui peut avoir des comportements monstrueux. On en vient alors à se demander pourquoi la société fabrique des monstres et ce que ces monstres disent de la société qui les a fait naître. Je vous propose de répondre à ces questions avec moi en parcourant trois œuvres d’art : le film de David Lynch, Elephant Man (1980), la mini-série Frankenstein de Kevin Connor (2004) et le roman de Victor Hugo, L’Homme qui rit (1869).

La naissance du monstre

Le monstre, une erreur de la nature

Elephant Man n’est pas un personnage de fiction. Il a bien existé un homme, Joseph Carey Merrick, surnommé Elephant Man à cause de ses nombreuses difformités physiques. Son histoire est assez connue grâce aux mémoires du médecin qui a pris soin de lui, le Dr Frederick Treves. Dans le film, il est adulte et il a un corps déjà très déformé par sa maladie.

Elephant Man est un monstre au sens aristotélicien du terme. Pour Aristote, le monstre est un accident de la nature. Est monstrueux l’être qui ne ressemble ni à ses propres parents ni même aux autres hommes. Il est unique en son genre soit à cause d’un membre surnuméraire ou manquant, soit à cause d’une excroissance de chairs, d’une malformation etc. Autrement dit :

La monstruosité n’est guère qu’une difformité.

Aristote. Traité de la génération des animaux IV, 3.

Cette difformité va de pair avec une laideur physique qui rend Joseph Carey Merrick repoussant. Cette laideur fait que les autres le déshumanisent, elle ne leur permet pas de voir en lui un être qui leur ressemble. Il est intéressant de noter que le mot « difformité » dont on va beaucoup parler tout le long de cet article est composé du radical latin forma qui signifie évidemment la forme, l’ensemble des traits extérieurs qui caractérisent un objet mais il désigne aussi la beauté, la belle forme, en d’autres termes, ce qui correspond à des canons esthétiques et qui est jugés harmonieux. Le préfixe dis-/dif signale quant à lui cette négation de la forma. Aussi difformité et laideur constituent un couple solidaire.

Elephant Man participe de l’humain sans en être totalement. Il n’est même plus appelé par son prénom, ce qui fait de lui un être humain à part entière ; il adopte à la place le nom de scène Elephant Man. Il ne retrouvera son prénom que lorsque les autres lui auront reconnu son humanité.

« Still from ‘The Elephant Man' » by andy z is licensed under CC BY-NC-SA 2.0

Enfin, Elephant Man en tant que monstre est une erreur de la nature certes, mais il reste un produit de la nature. C’est par hasard qu’il est comme il est. C’est une malchance, une injustice naturelle contre laquelle il ne peut rien. Comme il ne peut pas être soigné, il se cache le visage avec un sac, espérant passer ainsi inaperçu.

Le monstre, une production humaine

Le rejeton de Prométhée

Nous avons vu que le monstre est un produit de la nature, mais il peut également être le résultat d’une action humaine. C’est le cas pour le monstre de Frankenstein. Frankenstein est un jeune médecin très ambitieux qui caresse le projet de lutter contre la mort, la finitude humaine en redonnant vie aux morts. Pour réaliser ce fantasme, il teste d’abord ses expériences sur les petits animaux avant de s’exercer sur des cadavres humains jusqu’au jour où il réussit son projet.

Le film est issu d’un roman de Mary Shelley, Frankenstein ou le Prométhée moderne (1823). Prométhée est une figure mythologique issue de la mythologie grecque. C’est un titan qui a voulu rivaliser de ruse avec Zeus en donnant aux hommes le feu et les arts. Cet acte audacieux accompli à l’insu de Zeus vaudra à Prométhée un châtiment des plus horribles. A l’instar de Prométhée, Frankenstein veut rivaliser d’intelligence avec Dieu en contrefaisant l’action créatrice de ce dernier. Comme Prométhée, il sera puni pour son geste audacieux, non pas une divinité mais par sa créature elle-même.

Le monstre de Frankenstein est le résultat d’une faute, de l’hybris de son créateur. Frankenstein dit à ce propos :

J’ai été pris d’un désir dévorant de percer le mystère de la vie, les secrets de l’âme humaine.

Le monstre de Frankenstein n’est pas monstrueux par nature mais à cause de la main humaine. C’est un composé de chairs mortes, il a un teint cadavérique, une chevelure hirsute, et probablement une odeur de chairs en décomposition. C’est un être contre nature dans le sens où sa seconde vie va à l’encontre des lois de la nature ou de Dieu. C’est un monstre à cause de sa laideur mais aussi pour des raisons ontologiques. En tant que créature d’une autre créature, il est doublement imparfait. Dieu, le créateur suprême, est parfait. En créant Frankenstein, il met au monde un être forcément moins parfait que lui. Cet être à son tour, en voulant reproduire le geste divin ne peut que produire un autre être plus dégradé.

Le fruit de la méchanceté des hommes

Gwynplaine est également un monstre né de la main de l’homme. A l’origine, c’était un enfant tout à fait normal issu d’une famille aristocratique. Son père est tombé en disgrâce après avoir refusé de baiser la main du roi. Cet affront lui coûtera la vie, et Gwynplaine, en tant qu’héritier légitime sera écarté du pouvoir et jeté aux mains de comprachicos, des bandits qui faisaient des trafics d’enfants. Ce sont ces bandits-là qui opéreront à sa déformation pour s’amuser. Ils lui mutileront le visage pour lui faire un sourire qui le rend difforme.

C’était toute une science. […] Là où Dieu a mis le regard, cet art mettaient le strabisme. Là où Dieu a mis l’harmonie, on mettait la difformité. Là où Dieu a mis la perfection, on rétablissait l’ébauche. 

L’Homme qui rit, Deux chapitres préliminaires, Les comprachicos

La monstruosité de Gwynplaine est le résultat de la cruauté des hommes. Comme pour les autres, c’est un état qu’il n’a pas choisi et avec lequel il est obligé de vivre le restant de ses jours. Plus loin, Hugo nous brosse un portrait de Gwynplaine plus évocateur que descriptif :

La nature avait été prodigue de ses bienfaits envers Gwynplaine. Elle lui avait donné une bouche s’ouvrant jusqu’aux oreilles, des oreilles se reliant jusque sous les yeux, un nez informe […] un visage qu’on ne pouvait regarder sans rire. […] Deux yeux pareils à des jours de souffrance, un hiatus pour bouche, une protubérance camuse avec deux trous qui étaient les narines, pour face un écrasement, et tout cela ayant pour résultat le rire.

L’Homme qui rit, II, 1, « Où l’on voit le visage de celui dont on n’a pas encore vu les actions »

La fabrique du monstre

Si les trois figures de monstres souffrent de difformités physiques naturelles ou d’origine humaine, elles ne sont pas monstrueuses uniquement à cause de leur physique. Il n’y a pas de monstre dans la nature, c’est le regard de l’autre qui fabrique le monstre. C’est le groupe qui opère à cette discrimination en déterminant selon ses propres critères ce qui est monstrueux et ce qui correspond à la norme.

Une bête de foire

La monstruosité est synonyme de laideur. Mais cette laideur est ambiguë. Elle est à la fois repoussante puisque les personnes qui voient ce monstre en sont dégoûtées mais elle est également fascinante car malgré le dégoût éprouvé les gens ne peuvent s’empêcher de regarder avec intérêt. Les monstres deviennent même de véritables phénomènes de foire.

Une victime de la convoitise

Elephant Man sert de bête de foire. Les zoos humains ont réellement existé. C’étaient des espaces où étaient exposés des bêtes sauvages mais aussi des humains à l’aspect atypique : des individus de petite taille, des individus souffrant de malformations ou encore des hommes et femmes considérés comme des sauvages car non européennes.

« Still from ‘The Elephant Man' » by andy z is licensed under CC BY-NC-SA 2.0

Elephant Man est complètement dépossédé de son corps puisqu’il est exploité par Bytes qui a vu en lui une poule aux œufs d’or dont il peut monnayer l’image à souhait. Il est ainsi complètement déshumanisé puisque son corps ne lui appartient plus : il n’a pas la possibilité de choisir à qui il le montre. Son temps non plus ne lui appartient plus car c’est Bytes qui décide du moment il doit se montrer aux spectateurs. Ce dernier se permet d’ailleurs de le battre pour obtenir de lui une obéissance totale. Il est déshumanisé aussi par les spectateurs qui ne voient en lui qu’une attraction.

Faire de sa faiblesse une force

Gwynplaine réussit à échapper à ses ravisseurs. Il est recueilli par Ursus, un bateleur, qui vit avec son loup Homo. A leurs côtés, il apprend à devenir bateleur à son tour en se servant de son sourire comme vecteur de rire chez les spectateurs.

Gwynplaine était un saltimbanque.  Il se faisait voir en public. Pas d’effet comparable au sien il guérissait les hypocondries rien qu’en se montrant. Il était à éviter pour les gens en deuil. […] C’est en riant que Gwynplaine faisait rire et pourtant il ne riait pas.  Sa face riait sa pensée non. […] On voyait Gwynplaine, on riait. Quand on avait ri, on détournait la tête. Cet homme était effroyable.

L’Homme qui rit, II, 2 « Où l’on voit le visage de celui dont on n’a pas encore vu les actions. »

 L’isolement social

Contrairement aux deux autres, le monstre de Frankenstein n’est pas exposé à la foule. Il vit dans un grand isolement, d’ailleurs il n’a pas de nom car personne n’a eu à l’appeler. Il cherche à se cacher à la vue des autres chez qui il provoque dégoût et effroi. Il est en quelque sorte plus monstrueux que les autres. La nature de sa monstruosité l’exclut d’office des autres hommes. Son existence va à l’encontre des lois de la nature. Il est du côté de la mort dans ce qu’elle a de plus matériel à savoir la décomposition. Spontanément les humains s’éloignent de tout ce qui leur rappelle la finitude de leur vie et le rapport à la mort reste taboue. Il est conscient de sa solitude et en souffre beaucoup. Il explique sa souffrance à Frankenstein et lui reproche de l’avoir destiné à une vie aussi misérable.

Tu n’as pas le droit de me laisser seul dans un monde aussi cruel […]. L’amour d’un autre être enlèverait toute raison d’être à mes crimes

Elephant Man souffre aussi de solitude. Alors même qu’il est entouré de spectateurs, aucune complicité ne nait. Le spectateur croit longtemps qu’il est muet, c’est assez tardivement dans le film qu’il se met à parler. Cet usage qu’il fait de la parole est salvateur car il prouve que malgré les apparences, c’est un humain à part entière. Posséder le langage signifie qu’on possède la faculté de produire un discours cohérent et donc qu’on est un être doué de raison. Ce ne sont que les humains qui parlent. C’est cet acte de langage-là qui donne aux médecins la force de se battre pour l’aider à recouvrer sa liberté. Enfin, il ne prononce pas des mots anodins. Il cite des passages de la Bible, plus précisément ce passage du psaume 23 :

Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort,
je ne crains aucun mal, car tu es avec moi :
ta houlette et ton bâton me rassurent.

Il prouve à la fois qu’il a la raison mais aussi qu’il est sensible au divin, qu’il est croyant ; ce ne sont que les humains qui vouent des cultes à des divinités. Cela rend ses interlocuteurs plus empathiques à partir du moment où ils partagent la même foi que lui.

Mais qui sont les vrais monstres ?

Une critique sociale

Elephant Man est peut-être le plus touchant des trois. Après avoir été recueilli dans un hôpital, c’est une toute autre personne qu’on voit. Il est loin de l’être crasseux et hagard du début du film. Il a une forte sensibilité à la beauté et à l’art. C’est même une figure d’artiste : il s’amuse à recréer les paysages qu’il voit en s’aidant de son imagination. Il est aussi très coquet et prend plaisir à se faire beau.  

Le contraste entre sa délicatesse et la rudesse du comportement des autres est très fort. D’un côté, on a ceux qui le considèrent comme une bête curieuse, qui veulent le voir pour se distraire. De l’autre, on a ceux qui ont une attitude plus raffinée et qui désirent converser avec lui. Ces deux catégories sont à première vue dissemblables car les premiers sont issus d’un milieu populaire tandis que les seconds sont plus aisés. Cependant, ils se rejoignent dans le fait qu’elles cherchent du divertissement, et voient d’abord et avant tout chez Elephant Man un objet de curiosité.

La scène qui illustre le mieux mon propos a lieu au moment où le Dr Treves « emprunte » Elephant Man pour l’étudier. Il l’expose devant un amphithéâtre remplis d’autres médecins pour expliquer toutes les difformités qu’il a relevées et tout ce qu’il sait de son patient. Il insiste sur le fait que bien que de nombreuses parties de son corps soient hypertrophiés, ses parties génitales sont d’une taille normale. Puis il encourage Elephant Man à se dévêtir pour prouver ce qu’il vient d’avancer. Le corps de son patient est tellement extraordinaire qu’à la fin de son exposition, toute l’assemblée applaudit. Cette scène est absolument identique à toutes celles où Elephant Man est exhibé devant un public. La scène est d’autant plus théâtrale qu’Elephant Man est caché par un voile qui laisse deviner les contours de son corps. Ce voile a une fonction d’abord pratique puisqu’il évite au réalisateur d’avoir à imaginer un costume pour représenter fidèlement le corps d’Elephant Man, c’est aussi un voile de pudeur qui empêche de voir ce que les personnages voient ce qui confirme le caractère impudique de cette scène, mais ce voile rappelle aussi le rideau de théâtre qui participe à la mise en scène du corps d’Elephant Man.

Il y a une dimension scopique très forte dans le film. Ce sont des centaines de regards qui se posent sur le corps d’Elephant Man le privant ainsi de toute intimité. C’est cette fascination qui fait de lui un monstre, non ses malformations. Ce qui est plus gênant encore c’est que le téléspectateur est complice de voyeurisme et de la réification d’Elephant Man car il adopte le point de vue de la foule.

Une critique politique

Gwynplaine est peut-être le moins monstrueux des trois. Sa monstruosité est localisée sur une seule partie de son corps, même si bien sûr le visage reste la partie de notre corps à laquelle les autres ont le plus accès. En tout cas, il lui est possible, au prix d’efforts très soutenus, d’atténuer sa difformité. Par ailleurs, il est un être socialisé : il a été adopté par une famille, il exerce un métier, il est même tombé amoureux d’une jeune fille (aveugle) qui l’aime en retour.

Sa monstruosité sert en vérité de contraste pour dénoncer la laideur du monde car l’Homme qui rit est un roman politique. Gwynplaine finit par apprendre qu’il est issu d’une famille noble. C’est l’occasion pour lui de reprendre le rôle de lord qui lui revient. Aussi se rend-il à la chambre des lords pour y prononcer un discours vibrant où il vitupère la noblesse et lui reproche de se satisfaire de la misère du peuple.

L’Homme qui rit, Victor Hugo (Partie 2, chap. 8, « Les tempêtes d’hommes pires que les tempêtes d’océans »)

La scène d’humiliation de Gwynplaine est profondément tragique car le héros veut s’inscrire dans un registre polémique pour être le porte-voix d’un peuple qui souffre. Il est ramené au registre comique dans lequel il ne se reconnaît pas. Il endosse cette figure topique du bouffon dont l’image appelle le rire tandis qu’à l’intérieur, il voit avec lucidité toute la laideur du monde. Son intention de changer le réel n’aboutit à rien.

En ce moment, Gwynplaine, pris d’une émotion poignante, sentit lui monter à la gorge les sanglots. Ce qui fit, chose sinistre, qu’il éclata de rire. La contagion fut immédiate. […] Un rire de rois ressemble à un rire de dieux ; cela a toujours une pointe cruelle. […]On battit des mains autour de celui qui parlait, et on l’outragea. Un pêle-mêle d’interjections joyeuses l’assaillit, grêle gaie et meurtrissante. […] Être comique au dehors, et tragique au-dedans, pas de souffrance plus humiliante.

L’Homme qui rit, II, 8, « Les tempêtes d’hommes pires que les tempêtes d’océans »

Tout compte fait, personne ne ressort grandi de cet événement. Les lords sont dégradés par leur propre attitude : ils s’inscrivent dans le champ carnavalesque à cause de leur incapacité à adopter un registre sérieux. Le carnaval est ce moment où les valeurs sont inversées, le peuple se conduit comme les nobles tandis que les nobles adoptent les codes du peuple.

Mutatis mutandis, si on sort cette scène du cadre fictionnel pour l’inscrire à notre époque, Gwynplaine resterait un personnage tragique. Mettons qu’un individu avec une apparence vilaine et issu de la couche la plus pauvre de la société réussit à s’immiscer à l’Assemblée nationale. Là, ne maîtrisant ni les codes vestimentaires ou discursifs, il se met à prononcer un discours sur la misère qui accable le peuple, un discours décousu teinté d’accents à la fois oraculaires et pathétiques. Il y a fort à parier qu’il serait débouté comme Gwynplaine ; il ne provoquerait peut-être pas le rire mais le mépris immanquablement.

Une critique de l’homme

Le monstre de Frankenstein est sans doute le moins défendable des trois. Si on laisse de côté son apparence, il est monstrueux par les actions qu’il accomplit. Au tout début de sa seconde vie, il est encore pur. Il essaie de s’intégrer à la société mais il n’obtient en retour que le rejet. Comprenant enfin qu’il ne saurait être comme les autres et donc qu’il ne pourra jamais vivre parmi eux, il mue sa solitude en colère. Sa colère est si grande qu’il en vient à tuer un enfant, par définition innocent, et à accuser une femme de ce premier crime. Si au début on pouvait avoir de la peine pour lui, à mesure qu’il grandit, il se transforme en meurtrier. Il est d’autant plus inexcusable qu’il n’assume pas la paternité de ses crimes mais considère que c’est la conséquence de la faute première de son créateur Frankenstein. Il y a un glissement de la culpabilité. Frankenstein qui était au début coupable d’hybris ou d’orgueil devient la victime de sa créature.

Le film propose une morale un peu simpliste en condamnant deux péchés capitaux : la colère qui nous pousse à faire fi de la morale voire à tuer pour assouvir notre soif de vengeance et l’orgueil qui nous amène à quitter notre place de simple mortel pour faire plus que ce que notre nature permet.

Ici s’achève le parcours au cœur de la monstruosité. J’ai pris bien du plaisir à faire ce cheminement. Il m’a permis de mieux comprendre que « le monstre » n’est pas monstrueux de manière intrinsèque mais simplement parce qu’il s’écarte de ce qui a été défini comme étant la norme. L’apparence dite « monstrueuse » est complétée ou contredite par les actions que les personnes accomplissent. Pour finir, je ne suis pas à l’aise avec le concept de « monstre ». C’est un terme qui a bien sa place parmi « le barbare » et « le sauvage », tout autant de mots que je me refuse d’employer car je m’oppose fermement au fait d’exclure des individus de la civilisation voire de l’humanité. J’ai essayé de démontrer qu’il faut se méfier de cette hâte à qualifier telcomportement ou telle personne de monstre.  Ce mot doit au contraire être une invitation à détisser nos représentations de la norme. Si à la fin de ce parcours quand vous vous entendez dire le mot « monstre », vous vous demandez ce que cela dit de vous, c’est que j’aurais réussi mon article.

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