De l’importance de l’intelligence émotionnelle

Aujourd’hui plus que jamais, je me suis rendu compte du rôle que jouent les émotions dans le milieu du travail et de l’importance de développer son intelligence émotionnelle. Je m’explique. Pendant une période très restreinte, j’ai participé à un travail collectif. A l’issue de cette période, on a abouti à un résultat très satisfaisant et beaucoup ont développé des compétences qu’ils ne soupçonnaient pas. Seulement, si du point de vue des livrables, l’entreprise fut un succès, l’ambiance de travail en revanche était délétère. Méfiance, Rumeurs, Aigreur, et Mésentente envenimèrent les cœurs. Cet événement est moins anecdotique qu’il n’y paraît. Il est symptomatique du fait qu’on ne sait pas forcément comment vivre et travailler ensemble.

Nous sommes des êtres d’émotion

On pense souvent que travailler en groupe va de soi et qu’un adulte est capable de mettre de côté ses frustrations et ses désirs au profit du bien commun. Penser cela c’est faire preuve d’un optimisme excessif. C’est croire en effet que les humains sont d’abord et avant tout des êtres de raison alors qu’il n’en est rien. Ce qui guide nos actions ce n’est pas le calcul désincarné qui aboutit à la conclusion qu’agir d’une manière est préférable au fait d’agir d’une autre manière, c’est l’émotion qui nous pousse à préférer une action parce qu’on est persuadé que l’accomplir nous rendra plus heureux ou nous évitera d’être malheureux.

L’intelligence émotionnelle se travaille

Créer un climat de travail sain avec des personnes qu’on n’a pas choisies et avec qui on ne partage pas les mêmes valeurs n’est pas naturel, c’est bien quelque chose qui se construit et s’apprend. Il paraît évident qu’un enfant qui n’a jamais appris à lire, à écrire et à compter ne sera pas capable de le faire une fois devenu adulte qu’il ait trente ans ou soixante-dix ans. L’intelligence ne se développe pas par génération spontanée, il n’y aura personne pour contredire cette affirmation. On pourrait à la rigueur rappeler que la nature n’est pas équitable et que les uns ont plus de propension à développer des compétences dans un domaine tandis que cela sera plus ardu pour d’autres. Si dire qu’il faut travailler pour s’améliorer semble être une lapalissade, ce n’est le cas que lorsqu’on parle de cette intelligence mesurable par les tests de quotient intellectuel, cette intelligence qui consiste à puiser dans ses connaissances et ses expériences antérieures pour trouver la réponse la plus ergonomique et économique en temps pour répondre à un problème donné.

Quand il s’agit de l’intelligence émotionnelle il en va tout autrement. On considère que cela s’apprend à l’école de la vie et on l’assimile au bon sens. Quand on est contraint de côtoyer des personnes pour une durée relativement longue, que ce soit au travail, au sein d’une association ou d’un parti politique, l’intelligence émotionnelle consiste à mener à bien un projet en tenant compte des valeurs, du caractère et de la sensibilité de chacun. C’est prendre conscience que les connaissances, compétences et expériences des uns et des autres importent peu ; si le climat de travail est pénible, le travail avancera plus lentement et la production finale sera moins qualitative que dans un groupe composé de personnes possiblement moins compétentes mais qui prennent plaisir à travailler ensemble et à s’entraider.

Nous attendons du travail qu’il nous rendent heureux

On objectera peut-être que le travail n’est pas un lieu où on doit être aimé et se faire des amis mais qu’on y va pour gagner de l’argent, payer son loyer, ses factures, etc. Cette objection est partiellement fausse, les arguments pour le prouver ne manquent pas.

Selon un sondage de l’Ifop, réalisé pour le magazine Philonomist, « 82% des salariés considèrent que l’entreprise est responsable de leur bonheur ». Ce résultat est moins surprenant quand on considère la pyramide de Maslow. Abraham Maslow est un psychologue américain qui s’est intéressé à ce qui motive les humains. Il propose une pyramide des besoins pour illustrer et hiérarchiser les besoins humains. Les premiers besoins sont les besoins physiologiques, puis suivent les besoins de sécurité, d’appartenance et d’amour, d’estime et d’accomplissement. On reproche à cette théorie d’être trop rigide puisque les besoins ne se succèdent pas selon un ordre logique mais peuvent être concomitants ; il arrive même qu’un besoin placé plus haut dans la pyramide se révèle plus important qu’un besoin considéré comme fondamental. Par exemple, le besoin d’accomplissement des artistes est parfois plus important que leur besoin de sécurité financière.

Pour ce qui concerne notre sujet, le travail répond dans un premier temps aux besoins physiologiques et aux besoins de sécurité. Pourtant, on espère exercer son travail dans un climat sain, on souhaite que nos pairs reconnaissent l’utilité des tâches qu’on réalise et on n’est pas contre le fait d’être apprécié de ses collègues. Grandes sont les chances de décliner une offre d’emploi qui propose une belle rémunération mais où les conditions de travail sont exécrables. On est rarement prêt à mettre en péril sa santé mentale pour de l’argent tant les heures passées à travailler et l’impact des relations humaines affectent notre bonheur.

Un employé heureux est un employé plus productif

Une fois qu’on a pris conscience du rôle des émotions dans la productivité de ses collaborateurs, un employeur se retrouve devant deux options. Soit il n’embauche que des personnes qui ont une aptitude naturelle (ou qui ont appris) à travailler en équipe soit il considère que l’entreprise a un rôle à jouer dans le climat de travail.

La première option présente deux écueils : d’une part ce n’est réellement que pendant la période d’essai qu’on peut juger si une personne s’intègre bien au reste d’une équipe ce qui est coûteux en temps et en argent, d’autre part, c’est prendre le risque de se défaire d’une personne qui peut offrir beaucoup à une équipe grâce entre autres à ses expériences passées, ses compétences et connaissances. La deuxième option me paraît plus satisfaisante car une fois qu’on a accepté que l’intelligence émotionnelle n’est pas innée, on a la possibilité de l’apprendre et de la développer. C’est un parti pris plus optimiste qui offre à chacun la possibilité de s’améliorer.

Je me rappelle avoir eu un jour une discussion téléphonique très mouvementée avec une personne avec qui je travailler sur un projet commun. Après avoir raccroché, je déclarai à ma sœur avec exaspération que je ne comprenais pas comment il était possible d’être aussi c** et em***deur. Et elle de rire et de répondre : « Mais tu sais, c’est ce qu’on nous a appris nous dans cette école de management qui coûte les yeux de la tête. On nous a appris à manager l’humain et à bien encadrer des groupes de travail pour faire émerger l’intelligence collective. » C’est donc un métier ! Une fois qu’on se rend compte de cela, le champ des possible s’étend devant nous.

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