«Le ventre des femmes», Françoise Vergès [Préface & introduction]

En 1970, trente femmes réunionnaises ont déposé plainte contre des hommes blancs français. Elles les accusaient d’avoir exercé sur elles des avortements et stérilisations forcés. Cette plainte a eu peu de répercussion et les actes dénoncés n’ont pas été considérés par les féministes universalistes comme des violences faites sur des femmes en raison de leur genre et de leur couleur de peau.

En effet, dans les années 70, tandis que l’Etat français exerçait un contrôle sur le corps des femmes blanches pour qu’elles enfantent en interdisant l’avortement, il contrôlait dans le même temps le corps des femmes racisées via une politique anti nataliste, considérant que le nombre important d’enfants par femmes empêchait le développement de l’île de la Réunion.

Selon Françoise Vergès, cette politique anti nataliste n’est pas une parenthèse dans le récit national français mais « un révélateur d’une colonialité républicaine » dans les îles après l’indépendance de l’Algérie, précurseur de la fin de l’empire colonial français.

A travers ce livre qui n’est ni un écrit universitaire ni une enquête de terrain mais un parcours de documents officiels et de productions culturelles, l’autrice souhaite comprendre non seulement « le processus d’oubli en politique, ses déplacements, ses stratégies, ses logiques » mais aussi pourquoi ces événements n’ont eu que peu de place dans l’histoire des luttes féministes.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s